A Santa Cruz, le prospère département de l'est de la Bolivie, un référendum sur l'autonomie régionale, dimanche 4 mai, a suscité quelques incidents, qui ont fait 35 blessés. Les échauffourées se sont produites dans des localités rurales, San Julian, Yapacani et Montero, ainsi que dans le quartier populaire Plan 3000, banlieue de Santa Cruz de la Sierra. Des militants du Mouvement pour le socialisme (MAS, gauche), le parti du président Evo Morales, ont tenté d'empêcher l'installation de bureaux de vote. Les partisans du chef de l'Etat ont également manifesté dans d'autres régions. A El Alto, la citadelle populaire perchée sur La Paz, ils ont attaqué une chaîne de télévision liée au préfet du département, José Luis Paredes, un opposant.
A Santa Cruz, les premières estimations annoncent une victoire du "oui" à l'autonomie régionale, à plus de 85 % des votants au référendum. Selon le quotidien El Deber, l'abstention aurait été de 25 %, plus importante que lors de précédents scrutins. Le réseau radiophonique Fides, lié à l'Eglise catholique, bien implantée dans la région des anciennes missions jésuites, évoque une abstention supérieure en zone rurale, jusqu'à 36 % à San Javier et à Concepcion.
Lors d'une conférence de presse à La Paz, dimanche soir, le président Morales a déclaré que le référendum était un "échec". "Les autorités et les dirigeants devraient dire la vérité", a-t-il lancé. A son avis, l'addition des abstentionnistes, du vote "non" et des bulletins nuls démontre que la moitié des habitants de Santa Cruz n'approuve pas l'autonomie régionale. Le chef de l'Etat a appelé les préfets des neuf départements à reprendre le dialogue avec le gouvernement.
Le préfet de Santa Cruz, Ruben Costas, a critiqué une "myopie centraliste". A l'en croire, la Bolivie deviendra "l'Etat le plus décentralisé d'Amérique latine", tout en renforçant l'unité du pays. "Le statut d'autonomie est ouvert au débat et à des améliorations", a-t-il précisé.
No hay comentarios.:
Publicar un comentario